2014-02-05

Profil d’olympiens : Tessa Virtue et Scott Moir

Par : Beverley Smith

Paul MacIntosh aime raconter qu’il était la personne chanceuse qui se tenait près de la bande lorsqu’il a vu Tessa Virtue et Scott Moir patiner ensemble pour la première fois. « Ils ont toujours été capables de bouger ensemble, comme par magie », a-t-il affirmé, se souvenant de la jeune équipe charismatique.

« Au début, c’était tout petit et maintenant c’est énorme », signale-t-il. « Ils ont toujours été la meilleure équipe au monde. »

Il l’a ressenti de nouveau lorsqu’il a assisté aux Championnats canadiens à Ottawa, le mois dernier, et les a regardés bouger. « Ça commence quelque part dans leurs chevilles et leurs genoux et monte dans tout leur corps », affirme-t-il. « Ils semblent avoir une réaction dans le corps entier, qui interprète la musique. C’est ce qu’ils ont fait depuis qu’ils étaient bébés. Ils ont toujours tellement bien entendu et interprété la musique. Je trouve que chaque mouvement a une signification. »

Paul regardait Tessa et Scott, assis avec le père de la première partenaire d’Andrew Poje, un homme de New York qui ignore la différence entre une carre intérieure et une carre extérieure. Lorsque Tessa et Scott ont terminé les 45 premières secondes de leur style libre – sans avoir encore accompli une levée, une vrille ou une pirouette – il a regardé Paul et s’est simplement exclamé : « Oh, mon Dieu ».

Paul lui a répondu : « Regardez, ils ont exécuté plus de pas et plus de choses durant la première minute que les autres équipes en feront en quatre. C’est simplement ce qu’ils font, de subtils petits mouvements, des virages et des interactions l’un avec l’autre. Ils ne font qu’un. »

Bien entendu, ils étaient champions olympiques en 2010, à peine âgés de 20 ans, les plus jeunes danseurs à accomplir un tel exploit. Il y avait une raison pour cette victoire. Et, maintenant, après avoir parcouru plus de kilomètres sur la glace, acquis plus d’expérience et fait plus de travail, ils sont encore plus au diapason.

Que font-ils donc pour être la meilleure équipe de danse sur glace au monde, peut-être de tous les temps? (Robin Cousins les a déjà comparés à Jayne Torvill et Christopher Dean.) Eh bien, la façon dont ils bougent leurs corps, entre autres. Ils étirent leurs corps. Un expert futé explique qu’ils redressent les genoux et pointent les orteils, ils étirent leurs cous vers le haut, ils ouvrent leurs poitrines, utilisant leurs corps entiers pour interpréter la musique. Tessa, en particulier, a un torse très mobile, ils cambrent tous deux leurs dos pour créer des formes et ils ont recours à leurs hanches et leurs épaules comme aucune autre équipe pour produire le mouvement que dictent le style et le rythme de la danse. Leur mouvement est magnifiquement coordonné. Ils complètent leurs mouvements avec une extension des jambes et des bras. La tension dans leurs corps change selon la musique. La tension n’est jamais statique.

Le fox-trot de la danse courte cette saison exige une oscillation – et ils ont une superbe oscillation – et la montée et la descente d’un genou fléchi. D’après Ann Shaw, gourou de la danse sur glace internationale : « Il faut avoir l’air élégant, utiliser ses genoux dans le fox-trot et avoir une approche syncopée. [Dans le quickstep] ils ont une posture droite élégante, légère et désinvolte, la meilleure interprétation des rythmes exigés de toutes les équipes cette année. Ils interprètent le quickstep et le fox-trot comme personne d’autre. »

La vitesse? Elle est sensée provenir du mouvement rythmique des genoux, étant donné que les règlements déconseillent expressément un nombre excessif de pas piqués. Ceci ne présente aucun problème pour Tessa et Scott, parce que selon Ann, ils sont les patineurs les plus puissants au monde. La vitesse n’est que la vélocité sur la glace, peu importe comment on y parvient. Elle est différente de la puissance. Certains sont dupés par la vitesse, mais comment est‑elle générée? Tessa et Scott ont une puissance cachée, produite par de profondes flexions des genoux et ceci leur permet de flotter sur la glace. Leurs poussées-élans sont tellement homogènes et synchronisées, qu’elles ne semblent exiger aucun effort. 

De plus, Tessa et Scott peuvent varier leur vitesse et changer de direction en douceur, ce qui est important dans la catégorie des transitions de la note pour les composantes de programme et aussi, dans une certaine mesure, dans la catégorie de la chorégraphie. Ils peuvent arrêter, puis reprendre une vitesse maximum en trois ou quatre poussées-élans. La variation de vitesse permet de tenir compte des nuances de l’interprétation. Ils changent fréquemment et aisément de prise de danse, évitant le patinage dans la même direction, ce qui serait beaucoup plus facile. « Leur mouvement d’une prise à l’autre ressemble aux pétales d’une rose qui s’ouvre », ajoute Ann. « C’est superbe. Ils patinent en étroite proximité en tout temps. Mais, on ne se rend jamais compte qu’ils changent de prise. Ils s’imbriquent en quelque sorte l’un dans l’autre – et je crois que ceci est supérieur à toute autre équipe. »

Les jeux de pieds? Tessa et Scott ont des jeux de pieds difficiles avec de grandes courbes. La dimension de la courbe que crée la carre d’un patineur est importante, mais jamais autant que dans les séquences de jeux de pieds. Tessa et Scott tracent d’énormes arcs avec leurs carres, tant dans l’entrée que la sortie de leurs virages. Ils ont des pieds délicats et précis.

Les levées? Dès un jeune âge, lorsque Tessa et Scott ont commencé à apprendre des levées plus difficiles, on a enseigné à Tessa à sentir qu’elle exécutait elle-même la levée, plutôt que ce soit le patineur qui force la patineuse à un moment donné et la patineuse réagit. « Elle bouge d’une position à l’autre et n’attend pas que Scott la fasse bouger », fait remarquer Marijane Stong, reconnue pour ses connaissances en danse, musique et costumes. « Elle l’a appris quand elle était très jeune et l’a maintenu. Les danseuses de ballet n’attendent pas que l’homme les place quelque part. »

Autrement dit, Tessa a la capacité de gérer son propre corps dans les levées. Plutôt que Scott qui soutient Tessa, il y a moins de points de contact entre eux durant une levée et Tessa étire sa jambe libre, sans aide de son partenaire. Les positions de leurs levées exigent beaucoup de force dans le tronc, les hanches et le dos de Tessa. Leur style de poussées-élans est aussi éprouvant pour les jambes, les genoux et les cuisses. Cette équipe est physiquement forte.

Près de la bande, Paul MacIntosh regarde toujours. Il a vu le programme calme et romantique de Tessa et Scott sur une musique de Mahler aux Jeux olympiques 2010. Leur danse libre sur le morceau de musique Les Saisons, par le compositeur russe Alexander Glazunov est aussi lyrique, joli, mais tellement différent. Il n’était pas certain, lorsqu’il les a regardés pour la première fois, que ceci fonctionnerait. Mais, à Paris, le programme s’était amélioré, comme le font les programmes de Tessa et Scott. « J’ai pensé, oh mon Dieu, ceci est exactement ce que vous avez dit que ce serait », a signalé Paul. « C’est magique. C’est complètement différent de Mahler. L’émotion est tout à fait différente à la fin. Mahler est très calme. Je trouve leur programme très dynamique. Il me transporte. J’aime la musique à la fin. » (La chorégraphe Marina Zoueva a utilisé un majestueux concerto pour piano d’Alexander Scriabin pour terminer en force).

Leur levée d’ouverture, affirme Paul, vous fait frissonner. « Personne au monde ne peut faire ce qu’ils font », soutient-il. « Quelqu’un pourrait faire la partie de Tessa. Quelqu’un pourrait faire la partie de Scott. Mais, non pas ensemble. C’est simplement magique et exprimé magnifiquement avec la musique. »

Et, juste pour rendre les choses intéressantes, Tessa et Scott exécutent une séquence de jeux de pieds à la marque de 3 minutes 30 secondes de leur danse libre, ce qui serait pénible. Aux Internationaux Patinage Canada, ils ont obtenu un niveau 2 pour cette séquence. À la finale du Grand Prix, ils ont mérité un niveau 3. Aux Championnats canadiens, ils ont réussi : un niveau 4. « Zoum! », s’est exclamé Paul.

C’est un défi qu’ils relèvent. En effet, ils rendent tout difficile pour eux-mêmes, créant de nouvelles levées chaque année, de nouvelles vrilles, de nouveaux rythmes et de nouveaux styles. C’est simplement qui ils sont, repoussant leurs propres limites, ne se contentant jamais du statu quo.

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