2014-02-04

Profil d’olympiens : Alexandra Paul et Mitchell Islam

Par : Beverley Smith

Enfin, leur moment est venu.

C’est aux Internationaux Patinage Canada 2010, un événement du Grand Prix, tenu à Kingston, Ont., que les Canadiens ont tout d’abord appris à connaître Alexandra Paul et Mitchell Islam durant leur première année comme seniors – et seulement leur deuxième saison ensemble.

Ils ont enchanté la foule avec leur programme lyrique sur le morceau de musique As Time Goes By, obtenu leur première ovation ainsi que la deuxième place dans la danse libre devant les patineurs britanniques chevronnés Sinead Kerr, 31 ans, et son frère John, 30 ans, classés cinquièmes au monde. À ce moment, Alexandra était âgée de 19 ans et Mitchell, de 20 ans.

Vanessa Crone et Alexandra Poirier avaient remporté l’épreuve, mais Mitchell et Alexandra ont obtenu la meilleure note technique pour cette danse libre, devançant l’équipe canadienne athlétique, toujours reconnue pour une technique difficile. Même à ce moment, Alexandra et Mitchell patinaient avec une facilité de mouvement, une liberté naturelle et des positions proches l’un de l’autre.

À cet instant, Alexandra et Mitchell évoquaient des souvenirs de Tessa Virtue et Scott Moir, qui ont raté ces Internationaux Patinage Canada parce que Tessa s’était fait opérer les jambes. « Nous adorons Tessa et Scott », avait affirmé Mitchell. « Nous les avons beaucoup admirés en tant que jeunes athlètes, mais nous voulons manifestement nous distinguer en tant que nouvelle équipe canadienne senior. »

Alexandra et Mitchell avaient encore un an d’admissibilité en tant que juniors, mais voulaient aller de l’avant comme seniors. Tout semblait « surréaliste » à cet événement. Ils ont terminé quatrièmes au classement général, après avoir été sixièmes en danse courte, mais ils avaient généré de l’intérêt.

Depuis, toutefois, leur route vers les Jeux olympiques de Sotchi a été semée d’embûches. Alexandra s’est claqué des muscles des côtes durant l’entraînement avant leur événement suivant, la Coupe de Russie. Ils ne pouvaient s’entraîner avant la compétition. Ils ont fait une chute durant la danse courte, puis se rendant compte qu’elle ne pouvait faire les levées dans la danse libre, en raison de sa blessure, ils se sont retirés. « Je me sentais comme si j’avais le souffle coupé chaque fois », a-t-elle dit. Mais, ils ont remonté la pente et fini troisièmes à leurs premiers championnats nationaux seniors.

La saison suivante, tout a mal tourné. « Dès que j’allais mieux, quelque chose d’autre se produisait », a soutenu Alexandra. Ils n’ont obtenu que la huitième place à Skate America et lorsqu’ils sont allés au Trophée NHK, Alexandra a subi une lacération à l’arrière de la cuisse durant une collision avec une équipe italienne pendant l’entraînement et ils ont dû se retirer de la danse libre. Ils n’ont été affectés à aucun événement du Grand Prix durant la saison 2012 et ont baissé en quatrième place aux championnats nationaux.

Leur plus grande déception est survenue durant les Championnats canadiens 2013, lorsqu’ils avaient rassemblé leurs forces, changé leur site d’entraînement pour Detroit afin de mettre fin à leur période d’insuccès et ont terminé au troisième rang après la danse courte. Une place pour les championnats du monde à London était en jeu. Mais, Mitchell a glissé dans la danse libre et leur rêve s’est évanoui en un instant. Ils ont fini quatrièmes. Seulement trois équipes pouvaient y participer. « Ce fut une réalité qui nous a ébranlés », a fait observer Mitchell. 

« C’est une de ces choses qui nous a réduits presque à rien », a signalé Mitchell. C’est trop : deux ans de dures épreuves, puis ceci. Pendant deux semaines, ils ont eu la tête basse. « Mais, c’est comment on fait face à de telles choses », a déclaré Mitchell plus tard. « Nous avions beaucoup de soutien de gens qui nous donné confiance, ce dont nous avions vraiment besoin après ceci. »

Ils ont décidé qu’ils devaient changer leur façon de s’entraîner pour être capable de se tailler une place pour Sotchi. « Il faut s’entraîner chaque jour avec intensité », a précisé Alexandra. « Il faut passer à travers, peu importe. Il faut corriger nos erreurs plus rapidement et ne pas recourir à des excuses. »

Ce ne fut pas facile, a avoué Mitchell. Ils ont dû se concentrer sur leurs buts chaque jour et chaque minute. Mais, ceci a rendu l’entraînement beaucoup plus facile, a-t-il dit, parce qu’ils pouvaient éprouver cette confiance d’être prêts, mentalement et physiquement, durant la compétition. « Les dividendes en valent la peine », a soutenu Mitchell.

Les deux danseurs ont des antécédents qui pointent vers le succès. Mitchell a le patinage dans le sang. Son père, David, était un ancien danseur sur glace et occupe maintenant le poste de directeur de la danse sur glace à la Mariposa School of Skating, à Barrie, Ont. Sa mère, Debbie Mitchell, était une ancienne médaillée nationale et juge olympique, qui a exercé ses fonctions à l’épreuve masculine aux Jeux olympiques de Vancouver. Peu après la naissance de Mitchell, son père l’a emmené sur la glace dans ses bras. À l’âge de deux ans, Mitchell portait des patins.

Alexandra a commencé à patiner à l’âge de cinq ans, mais avait déjà de longs antécédents de formation en ballet, ce qui se dégage de sa magnifique posture, de son dos et de ses mouvements du corps. Ses deux sœurs et elle se sont inscrites à Patinage Plus à Barrie, mais Alex est la seule qui a persévéré.

Elle avait patiné en simple jusqu’au niveau novice, mais a commencé la danse avec Jason Cheperdak, lorsqu’elle avait 16 ans, parce qu’elle n’avait pas envie de tenter les triples sauts. Simultanément, dans la même patinoire, Mitchell se faisait déjà un nom avec Joanna Lenko, qui a fini par devoir se retirer en raison de troubles cardiaques.

Alexandra et Mitchell avaient, naturellement, appris le même style de poussées-élans de l’entraîneur en chef, qui les a jumelés. « Nous nous sentions tellement à l’aise », a-t-elle dit. Leur carrière a pris un essor fulgurant. Ils ont devancé les champions juniors de l’année précédente à une compétition d’été, ont été affectés à un événement du Grand Prix junior et raté une médaille de bronze par seulement un point. Lorsqu’ils ont remporté les championnats canadiens juniors, Alexandra a pensé : « Je me suis rendu compte que ceci pourrait être vrai. » Elle avait été nerveuse et ne voulait pas décevoir Mitchell, qui était un patineur plus chevronné.

Ils ont ensuite terminé deuxièmes aux championnats du monde juniors. Ils formaient une équipe tellement nouvelle, qu’ils ne s’étaient pas établis sur le circuit junior. Et, ils ne faisaient équipe que depuis cinq mois.

Les Internationaux Patinage Canada à Kingston ont été leur moment de se faire connaître, a fait remarquer Mitchell. Ils sont partis des étoiles plein les yeux. Mais, ils ont pris de la maturité depuis, à bien des égards. Et, maintenant, finalement les Jeux olympiques. 

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