2014-02-03

Profil d’olympiens : Paige Lawrence et Rudi Swiegers

Par : Beverley Smith

Qui aurait deviné? Paige Lawrence et Rudi Swiegers ont grandi dans deux villages de la Saskatchewan, à 23 kilomètres l’un de l’autre, où le patinage en couple est peut-être en 25e position sur la liste de choses à faire après le rodéo.

En fait, les parents de Paige sont propriétaires d’une entreprise de production de rodéos à Kennedy, Sask. (population de 241 habitants), où se trouve Moose Mountain Pro Rodeo, un bureau de poste, une banque, un restaurant-bar et une épicerie avec station-service. Son père est un ancien chevaucheur professionnel de taureaux et durant le printemps et l’été, il fait la tournée des rodéos. Sur leur ranch, ils ont des chevaux et des taureaux semi-sauvages. Le frère de Paige monte des taureaux. Paige aimerait bien le faire aussi, mais son entraîneure Patty Hole le lui interdit. (« Mais, ce n’est pas faute d’avoir essayé », affirme Rudi.)

« C’est néanmoins sur ma liste », a signalé Paige. « Ça arrivera un jour ». Elle a concouru dans des courses de barils, non une condition préalable habituelle pour le patinage artistique. Mais, de toute évidence, elle n’a peur de rien, ce qui est parfait pour le patinage en couple.

Leur énorme courage a permis à Paige et Rudi de compter au nombre des quelques patineurs artistiques, sinon d’être les premiers de la Saskatchewan à se rendre à des Jeux olympiques. Ils se sont taillé une place lorsqu’ils ont remporté la médaille de bronze aux Championnats nationaux de patinage Canadian Tire 2014, à Ottawa, un rêve qui semblerait impossible pour deux jeunes des Prairies.

Ils n’ont pas fait équipe de la façon habituelle. Rudi, né en Afrique du Sud, mais élevé à Kipling, Sask., (population de 1 100 habitants) venait tout juste de perdre sa partenaire de patinage en couple et avait vu Paige, une petite patineuse qui, comme lui, était gauchère. Autrement dit, ils exécutent leurs rotations dans la direction opposée de la plupart des patineurs (bien que Rudi soit gaucher et Paige droitière, ils exécutent naturellement leurs rotations vers la gauche). Il est rare de trouver deux gauchers et voilà qu’ils étaient tous deux là, dans le même petit club (ils s’entraînent à Virden, au Manitoba).

Patty a demandé à Paige d’aider à Rudi et avant qu’elle ne le sache, elle essayait le patinage en couple. Paige a découvert qu’elle aimait la sensation d’être lancée dans les airs. Ils ont réussi un triple Salchow lancé durant leur deuxième semaine ensemble.

Paige a commencé à patiner à l’âge de quatre ans, la fille d’une mère qui était une patineuse artistique et d’un père qui jouait au hockey. Il y avait peu à faire à Kennedy durant l’hiver, mais on y offrait Patinage Plus. Elle a réussi son premier triple Salchow à l’âge de 16 ans.

La mère de Rudi était un médecin à Saskatoon, avant de déménager à Kipling, mais il a commencé à patiner tard, à l’âge de 10 ans. Une série de blessures en tant que patineur en simple l’a incité à devenir un patineur en couple à 15 ans. À l’âge de 18 ans, il a commencé à patiner avec Paige, durant l’été 2005.

Patty a fait appel à un vieil ami, Lyndon Johnston – médaillé d’argent en patinage en couple des Championnats du monde 1989 – pour un peu d’expertise technique. Lyndon s’attendait à voir des débutants, mais il a vu une jeune équipe de patinage en couple qui accomplissait déjà des choses sensationnelles. « Paige est probablement la fille la plus tenace que je connaisse », a déclaré Lyndon. « Elle n’a pas peur d’essayer quoi que ce soit et maintenant, lorsqu’ils veulent essayer des trucs plus effrayants, Patty me les envoie. J’en perds le sommeil. » Paige aimerait faire un quadruple saut lancé.

Ils ont fait sensation lorsqu’ils ont concouru aux Internationaux Patinage Canada à Kingston, Ont., en 2011, avec une petite levée appelée « le missile » ou « la balle » conçue en partie par David Pelletier. À un moment donné, les pieds de Paige se trouvent au-dessus de sa tête, ses lames sont près de la tête de Rudi et « j’espère qu’il m’attrapera », dit-elle. La première fois qu’ils l’ont montré à Patty, elle s’est couvert les yeux. « C’était la réaction que nous voulions », a fait remarquer Paige.

L’équipe a toujours été tellement prometteuse, mais contrecarrée maintes fois par des blessures. Juste avant les Championnats canadiens de 2012, Paige a subi une commotion cérébrale durant une chute pendant l’entraînement, mais un mois plus tard, l’équipe a remporté une médaille de bronze.

Ils ont amorcé la saison olympique avec de grands espoirs. Ils étaient ravis des nouveaux programmes chorégraphiés par Lance Vipond (retournant à leur zone de confort et de plaisir avec Rudy’s Rock, par Bill Haley et the Comets) et le programme long, conçu par Bernard Ford, qui leur a donné la piste sonore d’Oz, le magnifique.

Leur programme long ne porte pas du tout sur Oz, mais sur leur propre histoire : Paige est une poupée mécanique qui, après un changement de mélodie et quelques doubles Axels côte à côte, devient animée. Au début, elle patine avec des mouvements robotisés, ce qui change lorsqu’elle prend vie.

Avec ces arsenaux en main, Paige et Rudi avaient de grands espoirs au début de l’année. « Paige et moi croyons que nous sommes une équipe très forte et nous avons très confiance en nous-mêmes cette année, surtout avec les nouveaux programmes », soutient Rudi. « Nous ne cherchons pas une troisième place. Nous voulons être champions nationaux et tout ce qui accompagne ce titre. »

Toutefois, durant l’été, le tendon d’Achille de la jambe gauche (jambe de réception) de Paige a commencé à la faire souffrir. Lorsqu’elle est arrivée au camp d’entraînement en septembre, le tendon de son jarret la pinçait – étant donné que les muscles de la cuisse surcompensaient pour ses problèmes initiaux. Pendant toute la saison, la blessure de tendon du jarret et d’aine de Paige lui a nui. Même aux Championnats canadiens, elle a patiné avec un gros bandage sur sa jambe gauche, bien qu’au fil du temps, elle en a eu moins besoin. Ils ne pouvaient pas faire tout ce qu’ils comptaient faire. Néanmoins, ils sont devenus membres de l’équipe olympique.

Ils sont reconnus comme une équipe qui aime s’amuser et qui égaie simplement par sa présence. Aux Championnats des quatre continents de 2011, Rudi a sauvé la situation pour l’équipe américaine composée d’Amanda Evora et de Mark Ladwig, après que le talon d’un patin de Mark se brise et qu’il n’ait que trois minutes pour réparer son équipement. Rudi, qui avait déjà patiné, a prêté à Mark sa propre chaussure et Mark a pu continuer.

Plus tard, l’association américaine de patinage artistique a invité Rudi et sa mère à prendre l’avion pour Chicago afin d’assister à une réunion du conseil d’administration, où Mark a présenté au bon Samaritain canadien le prix américain de l’esprit sportif. Rudi a rencontré les « haut placés », comme il le dit. Ils ont tous deux fait beaucoup de chemin depuis leurs villages de Saskatchewan.

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